En période de crise — qu’elle soit économique, sécuritaire ou sociale — la performance du portefeuille de crédit devient un indicateur central de la résilience des institutions financières. Les banques, IMF et COOPEC doivent adapter leur approche pour préserver la qualité de leurs actifs tout en continuant à soutenir les MPME. Voici cinq leviers essentiels pour renforcer la solidité et la performance du portefeuille de crédit.
1. Renforcer le suivi et la surveillance du portefeuille
Mettre en place un suivi rigoureux et réactif du portefeuille est crucial. Chaque jour de retard accroît le risque de perte. L’objectif est d’anticiper les défaillances au lieu de les constater.
- Mise à jour régulière de la base de données crédit (portefeuille âgé, PAR, provisions) ;
- Suivi hebdomadaire des PAR30 / PAR90 par agence et par produit ;
- Réunions de suivi de portefeuille deux à quatre fois par mois.
2. Segmenter et prioriser les clients à risque
En situation de crise, tous les clients n’ont pas le même niveau de risque. Segmenter le portefeuille selon le comportement de remboursement et le niveau de vulnérabilité permet de concentrer les efforts là où ils sont les plus utiles.
- Clients sains : maintien du suivi normal et offres de fidélisation ;
- Clients à risque modéré : suivi rapproché, rappels personnalisés et visites terrain ;
- Clients à risque élevé : plan de restructuration ou allègement des conditions.
3. Adapter les produits et les politiques de crédit
Les crises modifient la capacité de remboursement et la structure de la demande. Une adaptation temporaire des produits et politiques de crédit s’impose pour maintenir la confiance et limiter le risque.
- Allonger les maturités pour les clients viables afin de réduire la pression de remboursement ;
- Introduire des produits de relance (crédit saisonnier, microcrédit de reprise, etc.) ;
- Ajuster les taux et les limites d’exposition par secteur d’activité.
4. Renforcer la compétence et la responsabilisation des agents de crédit
Les agents de crédit sont au cœur de la performance du portefeuille. Renforcer leurs compétences techniques et comportementales améliore la qualité globale du portefeuille.
- Former sur l’analyse qualitative et la détection des signaux de risque ;
- Mettre en place un coaching opérationnel régulier ;
- Introduire des incitations liées à la qualité du portefeuille et non au volume.
5. Exploiter les dispositifs de garantie et les partenariats de soutien
Des dispositifs comme la Garantie Partielle du Portefeuille (GPP) du FPM S.A. peuvent constituer un appui déterminant pour maintenir l’octroi tout en maîtrisant le risque.
- Identifier les crédits éligibles à la GPP et former les agents concernés ;
- Intégrer la garantie dans la politique de gestion du risque et non comme simple couverture ;
- Collaborer avec le FPM et d’autres partenaires pour une meilleure exploitation des outils de garantie.
Conclusion
Une crise peut devenir une opportunité de renforcer la résilience institutionnelle. En combinant un suivi renforcé, une segmentation intelligente, l’adaptation des produits, la formation du personnel et l’exploitation des garanties, les institutions financières peuvent préserver leur portefeuille et consolider leur position sur le marché.
La performance du portefeuille, en période de crise, dépend de la capacité à anticiper, à s’adapter et à accompagner les clients avec intelligence et flexibilité.
Rédigé par STABILITY RDC
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