Le financement des micro, petites et moyennes entreprises (MPME) constitue un enjeu majeur pour le développement économique de la République Démocratique du Congo. Pourtant, ces entreprises rencontrent souvent des difficultés d’accès au crédit en raison des exigences de garanties, du risque perçu élevé et de l’insuffisance d’historique financier. C’est dans ce contexte que le Fonds de Promotion des Microfinances (FPM S.A.) a mis en place la Garantie Partielle du Portefeuille (GPP), un mécanisme innovant de partage du risque. Cet outil joue un rôle déterminant dans la relance du financement des MPME tout en renforçant la solidité du système financier congolais.
1. Qu’est-ce que la Garantie Partielle du Portefeuille (GPP) ?
La GPP est un mécanisme de partage du risque entre le FPM S.A. et les institutions financières partenaires (banques, IMF, COOPEC). Elle couvre un pourcentage défini du portefeuille de crédits éligible, afin de réduire l’exposition des institutions aux pertes potentielles.
- Concrètement:
- Le FPM garantit une partie du portefeuille de crédits octroyé aux MPME ;
- En cas de défaut d’un emprunteur, le FPM indemnise l’institution à hauteur du taux garanti ;
- L’institution reste responsable du reste, maintenant ainsi une discipline de gestion du risque.
La GPP ne remplace pas le travail d’analyse du risque : elle en renforce la confiance et la capacité d’intervention.
2. Un levier de réduction du risque pour les institutions financières
En période d’incertitude économique, les institutions financières ont tendance à resserrer leurs critères d’octroi, limitant ainsi le financement aux MPME. La GPP permet de réduire la perception du risque et d’encourager la prise de décision favorable au crédit.
- Avantages directs :
- Réduction du risque net supporté par l’institution ;
- Amélioration du ratio de couverture et de la solidité prudentielle ;
- Accès facilité au refinancement auprès des partenaires ;
- Confiance renforcée des comités de crédit.
3. Un catalyseur pour le financement des MPME
Les MPME représentent près de 80 % du tissu économique congolais, mais demeurent sous-financées. Grâce à la GPP, les institutions partenaires peuvent augmenter le volume de crédits accordés à ce segment et proposer des conditions plus flexibles.
- Effets positifs observés :
- Augmentation du volume de crédits accordés aux MPME ;
- Conditions de prêt plus souples et inclusives ;
- Extension vers de nouveaux marchés, y compris en zones rurales.
4. Une incitation à la bonne gestion du risque
La GPP impose des normes de gestion rigoureuses aux institutions partenaires, favorisant la professionnalisation et la transparence du secteur.
- Exigences clés :
- Processus d’octroi documenté et traçable ;
- Analyse qualitative approfondie du risque crédit ;
- Supervision du portefeuille garanti selon les standards FPM ;
- Reporting périodique et suivi des retards.
5. Des impacts concrets observés en RDC
Depuis sa mise en œuvre, la GPP a permis d’accroître le nombre de MPME financées, notamment celles dirigées par des femmes et des jeunes. Elle a contribué à réduire le taux de refus de crédit et à renforcer la résilience du portefeuille des institutions partenaires.
- Résultats concrets :
- Croissance du nombre de MPME bénéficiaires de financement ;
- Réduction du taux de refus de crédit ;
- Amélioration du contrôle du PAR30 et de la résilience des portefeuilles.
Conclusion
La Garantie Partielle du Portefeuille constitue un levier stratégique pour stimuler le financement des MPME en RDC. Elle renforce la confiance, la stabilité et la capacité des institutions financières à financer durablement l’économie réelle.
En période de crise, la GPP n’est pas seulement une couverture de risque : c’est un véritable moteur de croissance inclusive et durable.
Rédigé par STABILITY RDC
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